Anne Graindorge
Rencontre avec Anne Graindorge, conceptrice et animatrice de dégustations-vins basées sur le ressenti et l’émotionnel.
Fondatrice d’Alterwoirs, une entreprise au service du vin, du terroir et de l’oenotourisme, elle est aussi conceptrice, productrice, réalisatrice et animatrice de « Vis ta Vigne ! », une émission de radio sur la thématique de l’oenotourisme, un relais d’informations touristiques et culturelles sur les plaisirs viticoles angevins. Emission diffusée sur Radio G ! depuis septembre 2011. Les 19 juin et 17 juillet elle animera deux soirées de dégustations à Art des Lys à Blois.
OhOui: Selon vous, et à travers les rencontres que vous animez autour de la découverte du vin, les femmes peuvent aller vers un univers sensoriel plus subtil que les hommes? J’ai l’impression d’avoir déjà entendu ce discours à propos du sexe (les préliminaires, la sensualité, une recherche de plaisir plus progressive…) !?
Anne Graindorge: Wine, sex and sun ? Le sexe et le vin sont deux univers de plaisir où les sens sont mis en éveil.
Les hommes ne sont pas des femmes, les femmes ne sont pas des hommes.
Arrêtons d’établir sans cesse des comparaisons et parallèles entre sexes. Chaque personne est dotée d’une sensibilité différente, d’un vécu et d’une éducation différente.
Si le plaisir est là, qu’on soit homme ou femme, what else ?
Mais est-il possible de parler de vin sans parler de sexe tout comme l’inverse peut l’être ?
Je vais finir par croire qu’une réunion de femmes autour du vin donnent des fantasmes à nos congénères masculins ! (rires)
Trêve de plaisanterie, les professionnels de la filière vin tous secteurs confondus ont remarqué que le palais de la femme serait plus sensitif que celui de l’homme. Voilà, c’est comme ça. En revanche, la majorité d’entre elles ne le savent pas.
Et puis les copines, amies, collègues aiment sortir entre elles. Un verre le soir, une sortie au cinéma, un resto, un après-midi shopping, elles apprécient de se retrouver et recherchent sans cesse des idées originales pour passer de bons moments ensemble, et dans l’évolution du temps…
Alors pourquoi pas les BachiC FilleS ? Venir seule ou à plusieurs, faire des rencontres viniques dans une atmosphère conviviale, un concept pour enfin oser franchir la porte, avec ou sans connaissance du milieu, sans jugement porté, et prise de tête interdite pour rencontrer l’univers du vin tel que l’on a envie. Et bien-sûr, ces messieurs sont les bienvenus mais qu’ils ne s’attendent pas à une dégustation classique avec termes techniques à l’appui.
Désir de la découverte, plaisirs sensoriels, compréhension du vin, sourires et détente, tout ça est à l’affiche des dégustations BachiC FilleS.
OhOui: On se retrouve forcément avec des gens consentants et déjà acquis à la cause du vin non? Des bobos!
Anne Graindorge: Deuxième cliché en vue !
Tout d’abord le vin reste encore un univers masculin, le désacraliser et le rendre à la portée de tous est donc un des objectifs de ces dégustations originales faites dans la simplicité.
Beaucoup de personnes, n’ayant aucune connaissance, pensent ne pas avoir leur place au sein de ce cercle fermé. Un grand nombre de femmes encore de nos jours se fient à leur conjoint dans l’appréciation d’un vin, même si la génération des 25-35 ans casse les idées reçues en n’hésitant pas à exprimer leurs propres opinions. Notre culture est ainsi faite, le vin reste à l’homme ce que la tenue de la maison reste à la femme. Petites réflexions succinctes : Un couple hétérosexuel est de sortie, à qui fait-on goûter le vin choisi au restaurant ? Vers qui se tourne t-on pour demander un avis sur une bouteille ?
On vient aux BachiC FilleS pour rencontrer le vin par plaisir, pour oser ressentir, pour savoir s’il est possible d’aller plus loin que « j’aime ou je n’aime pas », pour rencontrer des personnes d’horizons différents, pour oser émettre un avis, pour passer un bon moment de partages en étant assuré que l’on ne sera pas jugé.
On vient aux BachiC FilleS pour découvrir l’univers du vin en toute simplicité, pour apprendre à désapprendre et réapprendre en fonction de soi.
J’ai d’ailleurs été étonnée d’avoir reçu quelques appels téléphoniques de professionnels de la filière vin organisant eux-mêmes des dégustations pour me faire savoir qu’ils avaient envie de participer à ce concept, me précisant que la formation qu’ils avaient suivi leur avait quelque peu fermer leur jardin sensoriel. Il n’est pas toujours facile de faire des aller-retours entre l’univers des sens et celui de la connaissance où l’apprentissage fait appel au cerveau dans une formation bien souvent cadrée et spécifique. Pour mieux suivre l’apport de connaissances et mieux ouvrir ses compétences, l’être humain finit bien souvent par mettre à l’écart ce qui l’encombre sur le moment.
Ici, tout le monde à le droit de venir, et c’est justement la richesse de ces profils différents qui fera de ce moment ce qu’on a envie qu’il soit. Et si les bobos veulent faire partie de l’aventure, ils seront dans ces dégustations rien que des êtres humains.
OhOui: Comment se déroule une dégustation?
Anne Graindorge: Le plus simplement du monde.
5 vins sont goûtés pendant environ 1h 30.
Chaque participant est acteur de sa propre dégustation. Je suis là pour rassembler, faire comprendre que chacun peut avoir sa place dans l’appréciation d’un vin, initier à l’éveil des sens pour des moments de bonheurs partagés, et donner l’envie d’aller voir où est né chaque vin car derrière lui il y a un vigneron.
Et ça, il ne faut pas l’oublier.
Exemple d’un moment de bonheur partagé dans les vignes :http://annegraindorge.blogspot.fr/2012/01/un-graindorge-dans-les-vignes.html
Mais une jolie dégustation vaut mieux qu’un long discours ! Oui ?
OhOui: Quel est votre grand projet ? Faire RE découvrir le vin, RÉ éduquer les sens ? Proposer des chemins de traverse ?
Anne Graindorge: Que cela serait prétentieux de ma part !
Beaucoup travaillent à la désacralisation du vin, et ce depuis bien plus longtemps que moi.
Chacun à sa manière, sur son secteur professionnel et géographique. Le terroir, les vignobles, le vin, la gastronomie font partie de notre culture. Sachons la préserver.
Je suis simplement une fourmi parmi tant d’autres et mon concept répond à une demande. Alors je pose ma pierre au milieu des autres, et je fais partager ma passion en faisant (re)découvrir le vin à qui le souhaite par l’éducation ou la réeducation des sens, en proposant des chemins de traverse, par la sincérité qui m’habite dans ce que je suis et ce que je vis. C’est plus juste ainsi.
OhOui: Comment retrouve t-on le vin dans les arts? Pourriez vous nous donner des pistes à explorer?
Anne Graindorge: Tous les goûts sont dans la nature dit-on. Et c’est vrai !
Alors à chacun d’aller fouiner, de trouver chaussure à son pied, d’embrasser ses rêves et ses émotions qui l’embarquent !
Comment ? Par la curiosité, au carrefour de soi et de l’autre.
Puisque vous insister, voici 5 liens sympas de 3 artistes contemporains différents :
- Tatieva et ses demoiselles : http://www.tatieva.weonea.com/catalogue/23149/
- Jérôme et son univers : http://www.flickr.com/photos/jeromeparessant
- Jérôme et la vie du vin : http://www.jeromeparessant.com/page-la-vie-du-vin (possibilité de participer à la coproduction de ce documentaire)
- Rémy Lie de Vin : http://www.ca-bouchonne-a-paris-et-ca-debouchonne-chez-nous.com/index.html et https://www.facebook.com/remystick
OhOui: vos 3 coups de coeur:
=>pour le nez :
=>pour la bouche :
=>pour les yeux :
Anne Graindorge: Mes recommandations sensorielles sont à découvrir lors de mes dégustations bien-sûr !
Je peux en parler avec beaucoup de mots différents, avec des émotions alternatives, mais mon secret réside ici :
http://annegraindorge.blogspot.fr/2012/05/aventure-vin-etonnez-moi.html
Prochaines dégustations les 19 juin et 17 juillet en soirée à Art des Lys.










