Les Rockos en Slow life
Au risque d’être relégué au rang de procrastinateur chronique, j’ai décidé d’adhérer à tout ce qui est SLOW: slowlife, slowfood, slowsexe (si, si ça existe, mais là je vous laisserai vous documenter, car les liens sont douteux et l’interprétation de la lenteur toute relative)… Toutes ces attitudes sont de bonnes excuses finalement, mais il y a tout de même du bon sens dans de telles démarches. Prenons le temps de vivre, et l’information en flux tendu (expression de la grande distribution) n’est pas forcément un modèle de vie.
Les Rockos sont déjà loin, et pourtant le souvenir que l’on garde de cette 20ème édition est toujours prégnant. Certains ont déjà torché leur chronique depuis belle lurette, donné leurs impressions sur la toile en temps réel, calé leur reportages… et nous rien.
Des branleurs.
C’est tout à fait l’état d’esprit qui nous animait, lorsque le beau Florian et moi-même sommes partis aux Rockomotives de Vendôme pour leur vingtième édition. Ce qui me frappa en arrivant, c’est le très bon accueil réservé aux partenaires médias travaillant sur ce festival indoor. A l’extérieur, le camion France 3, avait déployé sa parabole, les bloggeurs étaient connectés en directe live, twittant comme des cochons, et les vidéastes marchaient sur les pieds des photographes. Y’avait du monde! Le choix des organisateurs était de communiquer largement sur cette date anniversaire. Cool.
« Va falloir être originaux,
hein Florian?! »
Lui, Florian, il était « pleine bourre ». Pantalon Bee gees et barbelette frémissante, il était prêt à en découdre. « Donnez lui une caméra bon sang! ». Je lâchais le pur sang assister au concert d’Olivier Mellano, et allais à la rencontre de Jérôme Bougelot, président de l’association Figures libres, organisatrice de l’évènement.
OhOui: Depuis combien de temps es-tu « à la tête » de Figures libres?
Jérôme Bougelot: Depuis 6 ou 7 ans. Au départ les Rockos étaientt organisées par la ville. Très vite ils se sont rendu compte que c’était trop difficile à gérer, par rapport à la logistique, la comptabilité… du coup une association s’est créé: Figures Libres. Elle est délégataire de service public sur la communauté de commune du pays de Vendôme. Ainsi, on est en relation avec tous les partenaires qui soutiennent les mouvements des musiques actuelles; il y a du développement local avec le Club des mécènes et on essaie de réaliser des partenariats avec des gens du coin (le syndicat des viticulteurs de la région par exemple). Notre projet est ancré dans la culture, mais on veut aussi travailler avec notre environnement socio-économique.
OhOui: Ça s’est tout de suite appelé les Rockomotives?
Jérôme Bougelot: Oui, depuis le début, mais je ne sais pas qui a trouvé ce nom là! Je ne sais pas si c’est en relation avec l’implantation du TGV à Vendôme, et si c’est un jeu de mot arrivé sur la table à la fin d’une soirée un peu arrosée, bref on ne sait plus quelle est l’origine de cette appellation…
OhOui: Que peut-on vous souhaiter pour les 20 prochaines années?
Jérôme Bougelot: Plein de bonnes choses, car même si on a fait de notre mieux pour que la cuvée 2011, afin qu’elle soit la plus festive possible, on ne pense pas que l’on ai atteint un pique. On souhaite garder nos particularités, le sens de l’accueil, une exigence artistique, et surtout garder notre intégrité.
OhOui: Lorsqu’on vous a contacté, nous vous avons demandé de retenir un artiste représentatif de l’idée des Rockos, qui donnerait le ton pour l’avenir, et vous nous avez proposé Olivier Mellano, pourquoi?
Jérôme Bougelot: C’est vrai qu’on a une histoire commune avec ce musicien comme on l’a avec Yann Tiersen (présent ce soir là, et déjà programmé en 1996) dont l’émergence est passée par Vendôme. Olivier est un artiste avec une palette très large qui fait à la fois des pièces pour clavecin, du Hip-Hop, du Rock indé. Pour exemple, il y a trois ans, on a présenté une pièce symphonique de sa composition avec des orchestres à cordes. Ce qui nous plait, c’est qu’il est toujours là où on ne l’attend pas. Même si on garde notre oreille critique, c’est devenu une histoire d’amitié.
OhOui: Quel est ton meilleur souvenir des rockos?
Jérôme Bougelot: Il y a 5 minutes! On a fait jouer Yann Tiersen devant une épicerie du centre ville (voir le reportage réalisé par What comes aroun goes around >>>). Incroyable, ils ont joué à 3 en acoustique avec les papis et les mamies qui achetaient du gruyère, les poussettes…
OhOui: Bon, alors meilleur souvenir de «avant y’a 5 minutes»!
Jérôme Bougelot: Zita Swoon, un groupe belge qui a joué au milieu du public à une heure du mat. Moment incroyable et intense. C’est souvent des concerts dans une forme un peu différente de ce que l’on a d’habitude de voir qui me marquent. Laetitia Sheriff qui avait joué debout sur le bar, des gens que l’on a fait jouer dans la gare TGV, un peu à l’arrache… Grâce à notre type de festival, on a des artistes abordables, alors on peut se permettre des choses sans passer par 15 managers. Tu vas les voir en direct et ça fonctionne. Ils peuvent bien évidemment refuser, mais en général, ça fonctionne.
« Il y a vraiment un équilibre à trouver »
OhOui: Combien de bénévoles?
Jérôme Bougelot: Une soixantaine de bénévoles pendant les Rockos.
OhOui: Qui se charge de la programmation?
Jérôme Bougelot: C’est Richard. Il est maitre à bord. La prog c’est un métier. Il est dans des réseaux, il a des copains, il a des oreilles… après il demande l’avis des gens, il test. Sur moi en particulier! Après il va voir les groupes sur scène, il a des échos. Une programmation, c’est la conjonction d’un artiste qui est disponible, abordable et qui est bien dans notre ligne. Après, éventuellement, ça se fait.
OhOui: Festival équilibré? Est-ce-que vous avez aussi des artistes locaux?
Jérôme Bougelot: Ce n’est pas une obligation que l’on se donne, mais là aussi dans nos choix on cherche à s’inscrire dans notre paysage. Alors, quand on a des bons groupes de Tours, Blois ou Orléans, on est content de les faire venir plutôt deux fois qu’une!
Ce qui est un peu compliqué actuellement, compte tenu de l’émergence de multitude de festivals d’été, c’est que le cachet de certains artistes a grimpé de manière hallucinante… Il faut maintenant en tenir compte pour faire notre programmation. Mais les artistes les plus chers ne sont pas forcément ceux qui attirent le plus de monde. Et cela correspond bien à la manière de fonctionner de notre public. Certes, il a envie de voir Yann Tiersen ou Deus, mais en même temps il s’éclate à voir Mellano tout seul avec sa guitare. A défricher. Ce même public vient là pour « la rencontre » et faire la fête. Voilà pourquoi il y a des DJ… C’est très éclectique. Même si aujourd’hui il y avait Diabologum avec des « chansons à texte » comme on dit, tu peux toujours bouger sur leur musique. Hier, pour danser et faire la fête, il y avait Mugs et Qbert qui sont quand même des purs DJ. Il y a vraiment un équilibre à trouver. (propos recueillis par F.CHRISTOPHE).
De retour du concert d’Olivier Mellano,
Florian nous livrait ses impressions par ce billet:
« Si Albert Einstein avait percé dans la musique (tel que l’aurait rêvé sa mère), il se serait sûrement nommé Olivier Mellano ! Ce genre de bonhomme prend de l’avance sur son temps et choisit de s’investir dans des projets véritablement originaux. Très jeune, il se découvre une passion pour la musique, passion dont il fera sa vocation en entrant en fac de musicologie à Rennes. Son talent ne manquera pas de lui ouvrir les portes d’un univers artistique si convoité. Il a joué avec des artistes de renoms (Tiersen, Miossec, …), a composé des ouvres classiques pour divers instruments et s’impose maintenant comme l’un des leader(s) du ciné-concert contemporain.
Aux Rockomotives, il a joué sous le nom de Mellanoisescape (qui contient le mot «noise», hasard?), et ne nous a pas trompé: s’adonner à un set expérimental devant un public ravi de voir un art si riche, le réalisé en solo, est loin d’être à la porté de tout le monde. Il l’a fait, et s’est effectivement échappé de sa cage! A l’issue du concert il a accepté l’idée d’un portrait pour OhOui. Nous avons alors rencontré un personnage très humain, plein d’humilité, simple et sympathique et qui nous a donné envie d’en savoir plus sur lui et sa musique! »
Si comme nous vous avez envie d’en savoir plus, je vous invite à aller le découvrir sur :
deezer : http://www.deezer.com/fr/music/olivier-mellano/
myspace : http://www.myspace.com/oliviermellano
ou facebook : https://www.facebook.com/pages/OLIVIER-MELLANO/67796411904
Cette édition des Rockomotives se révèlera une très bonne cuvée (voir article de la NR >>>), et comme tout le monde, nous sommes prêts pour la 21ème édition! Pour conclure notre déambulation vendomoise, nous vous livrons cette vidéo très représentative du festival et de « l’esprit » de son public.
Florian était déjà en java depuis plusieurs heures à l’idée d’aller écouter Pneu, et je ne savais pas qu’il en reviendrait avec une chaussure en moins après avoir pogoté… avec mon boitier!
Pas de bobos, mais l’image est sauvage!
Merci Florian!
Voir la galerie Photos des Rockomotives 2011 >>>












